Vous avez peut-être déjà repéré un déguisement original dans les rayons d’Halloween. Chez Zara, un costume de marié pour enfant, à rayures verticales, vient d’être retiré de la vente en magasin et en ligne. Des internautes y voyaient un uniforme de camp de concentration. Voici l’histoire, et les réflexes à adopter.
En bref
- Zara a retiré de la vente, en magasin comme en ligne, un costume d’Halloween pour enfants à rayures verticales.
- Des internautes voyaient un uniforme de camp dans ses imprimés de barbelés et ses écussons évoquant des numéros.
- Le costume s’inspirait en réalité du personnage de Michael Keaton dans Beetlejuice, et Inditex parle de malentendu.
Le chiffre clé : 1988, Année du premier film Beetlejuice, source d’inspiration du costume retiré par Zara.
Un costume de marié retiré en magasin comme en ligne
Dans la gamme Halloween pour enfants de Zara, entre les vêtements ornés de squelettes, de toiles d’araignées et de citrouilles, un modèle détonnait : des rayures verticales, des surpiqûres décoratives, une fleur au revers et un effet vieilli. L’enseigne le présentait comme un déguisement de marié pour enfant.
Quelques internautes y ont reconnu tout autre chose, et ce début de polémique a suffi. Le costume a disparu du site, puis des boutiques. Le groupe Inditex, maison-mère de Zara, a réagi par un message très court.
« Zara regrette tout malentendu que ce déguisement de marié pour enfant, destiné à Halloween, a pu engendrer. Il n’est plus disponible ni en magasin ni en ligne. » Groupe Inditex, maison-mère de Zara
Pour vous, la conséquence est simple : si ce modèle vous avait tapé dans l’œil, inutile de le chercher. Le retrait ne concerne pas seulement la boutique en ligne, il touche aussi les magasins.
Un même vêtement lu de deux façons très différentes
Le costume s’inspirait d’un personnage bien connu : celui que Michael Keaton incarne dans « Beetlejuice » en 1988, puis dans « Beetlejuice, Beetlejuice » en 2024. Pour les fans de ces films, le costume rayé est une référence assumée, presque un clin d’œil.
Mais d’autres détails ont attiré l’attention. Le modèle comportait des imprimés rappelant des barbelés et des écussons pouvant évoquer les numéros des prisonniers. Associés aux rayures, ces éléments ont fait penser à des internautes aux uniformes des camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale.
L’alerte est venue de militants et de journalistes en Israël. Face à ce début de polémique, l’enseigne a préféré retirer le modèle plutôt que de laisser le débat s’installer.
Ce que l’épisode montre est utile à tout parent : un détail pris seul paraît anodin, c’est leur accumulation qui change la lecture d’un vêtement. Ce que le créateur imagine n’est pas toujours ce que le public voit.
Ce n’est pas la première polémique de ce type pour l’enseigne
Le retrait de ce costume s’ajoute à deux précédents liés au nazisme, qui avaient déjà fait réagir.
| Date | Article | Ce qui a été reproché |
|---|---|---|
| 2007 | Sac à main | Motifs floraux et croix gammée brodée, article retiré |
| 2014 | Haut à rayures bleues et blanches | Insigne en forme d’étoile jaune à six branches, présenté comme un t-shirt de shérif |
| Récemment | Costume de marié pour enfant | Rayures, imprimés de barbelés et écussons rappelant des numéros, retiré en magasin et en ligne |
Côté fabrication, les designers qui imaginent les vêtements de Zara sont basés près de La Corogne, en Espagne. La moitié des pièces est fabriquée en Asie, notamment en Chine, au Bangladesh et au Vietnam. D’autres viennent d’Afrique du Nord (Maroc, Tunisie), du Portugal et d’Espagne.
Autrement dit, un modèle passe par de nombreuses mains et plusieurs pays avant d’atteindre le rayon. Pour un parent, cela rappelle qu’un article en vente n’est pas forcément un article passé au crible de tous les regards.
Cinq vérifications simples avant d’acheter un déguisement
Un déguisement n’est pas un simple vêtement : l’enfant y endosse un rôle, et il le portera à l’école, dans la rue, chez des proches. Autant savoir ce qu’il raconte. Quelques gestes prennent une minute en rayon ou devant l’écran.
- Identifiez la référence. Film, personnage, métier ? Ici, la fiche parlait d’un marié, et l’inspiration venait de Beetlejuice. Si rien n’explique le costume, posez-vous la question.
- Regardez les détails un par un. Imprimés, écussons, chiffres, symboles : ce sont les barbelés et les écussons qui ont fait réagir.
- Observez l’ensemble. Des rayures seules ne disent rien. C’est la combinaison rayures, écusson et effet usé qui a posé problème.
- Lisez la description officielle. Le nom et le texte de la fiche produit indiquent ce que l’enseigne a voulu faire.
- Faites le test de l’explication. Pourriez-vous expliquer ce costume sans gêne à un autre adulte, par exemple l’enseignant de votre enfant ? Si non, passez votre chemin.
Si vous aviez déjà acheté le costume ou si votre enfant pose des questions
Les informations disponibles ne précisent aucune procédure de remboursement ou d’échange. Si vous aviez acheté ce modèle, le plus sûr est de vous adresser directement au magasin ou au service client de l’enseigne.
Si votre enfant a vu le costume et le réclame, restez simple. Dites que ce modèle a été retiré parce que certaines personnes y voyaient un rapport avec une période très douloureuse de l’histoire. Inutile d’entrer dans les détails avant l’âge où il pourra les comprendre.
Dans l’esprit Montessori, le plus efficace reste de proposer à l’enfant un choix limité de déguisements adaptés, ou de fabriquer ensemble une tenue à la maison. Il garde la main sur son jeu, et vous maîtrisez le message que le costume envoie.
Vos questions
Le costume est-il encore en vente chez Zara ?
Non. Selon le groupe Inditex, maison-mère de Zara, le déguisement n’est plus disponible ni en magasin ni en ligne. Il a été retiré après le début de la polémique.
Que représentait ce costume selon Zara ?
Zara le présentait comme un déguisement de marié pour enfant, destiné à Halloween. Il s’inspirait du personnage joué par Michael Keaton dans les films Beetlejuice de 1988 et de 2024.
Zara a-t-elle déjà été critiquée pour des articles de ce genre ?
Oui. En 2007, l’enseigne avait retiré un sac à main orné d’une croix gammée brodée. En 2014, un haut à rayures avec un insigne en forme d’étoile jaune, présenté comme un t-shirt de shérif, avait aussi fait polémique.
Sources : La Dépêche.


