Votre enfant autiste n’est accueilli que 1,5 jour par semaine en IME, et l’école ne l’accepte plus le reste du temps ? C’est ce qu’ont vécu les parents de Noam, 10 ans, dans l’Aude. Son retour en classe, accepté quelques heures après le témoignage de sa mère, montre quelles démarches peuvent débloquer une situation.
En bref
- Noam, 10 ans et demi, autiste, est de nouveau accepté en classe Ulis de CM1 à Cuxac-d’Aude, avec une AVS.
- Noam passe les lundis et mardis à l’école, les jeudis et vendredis matin à l’IME : une scolarité partagée.
- La famille réclamait cette scolarité partagée dès le printemps ; l’Éducation nationale a changé d’avis après son témoignage public.
Le chiffre clé : 1,5 jour d’accueil par semaine seulement en IME, point de départ du blocage.
Un accueil de 1,5 jour en IME a suffi pour que l’école ferme la porte
Noam Caplain a 10 ans et demi et vit à Cuxac-d’Aude. Il est autiste, avec un trouble du déficit de l’attention et hyperactivité (TDAH) et des troubles du comportement. Jusque-là, il fréquentait l’école élémentaire Yvan-Pélissier.
En mai, ses parents, Jenny et Gérald, apprennent une demi-bonne nouvelle : Noam va enfin intégrer l’institut médico-éducatif (IME) Louis-Signoles, à Narbonne. Mais il n’y sera pris en charge qu’une journée et demie par semaine. Pour un couple dont les deux membres travaillent, la question tombe aussitôt : que devient l’enfant le reste de la semaine ?
Début septembre, la réponse arrive, et elle est brutale. L’école demande à Noam de quitter l’établissement, puisque l’IME le prend désormais en charge. Un accueil partiel en structure médico-sociale s’est transformé, dans les faits, en porte fermée côté école.
Les parents avaient demandé une scolarité partagée dès le printemps
Les Caplain n’ont pas attendu la rentrée. Dès le printemps, ils ont réclamé une scolarité partagée entre l’IME et l’école Yvan-Pélissier. Leur demande est partie vers trois interlocuteurs : la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), l’enseignant référent et l’assistante sociale de l’hôpital de jour de Narbonne.
À la rentrée, ils étaient persuadés que Noam serait accepté. Ce fut non. Ensuite, la MDPH et l’Éducation nationale se sont renvoyé la balle, et la famille est restée dans une impasse.
Le rectorat de l’académie de Montpellier campait sur sa position peu avant le revirement. Il expliquait :
« qu’une évolution de ce parcours vers une scolarité partagée entre l’unité d’enseignement de l’IME et le dispositif Ulis de son ancienne école ne constitue pas, à ce jour, une réponse correspondant aux besoins de l’enfant. »
Rectorat de l’académie de Montpellier, cité par L’Indépendant
Quelques heures après le témoignage de la mère, l’État a rappelé la famille
Le témoignage de la mère de Noam a été publié dans la presse locale. Quelques heures plus tard, les services de l’État l’ont appelée pour lui annoncer que son fils pouvait retourner dans son école élémentaire de Cuxac-d’Aude.
Noam a retrouvé ses camarades un mardi après-midi. Il est en classe Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire) de niveau CM1, à l’école Yvan-Pélissier, toujours accompagné d’une AVS, une auxiliaire de vie scolaire. Ses parents sont soulagés.
L’Éducation nationale a donc changé d’avis en quelques jours. Rien n’indique qu’une règle ait été modifiée : c’est une décision prise pour un enfant, après des semaines d’impasse. Elle montre surtout que le refus de septembre n’était pas gravé dans le marbre.
Noam partage désormais sa semaine entre école, hôpital de jour et IME
Le nouvel emploi du temps mêle trois lieux. Voici comment se répartit la semaine de Noam :
| Moment | Lieu | Détail |
|---|---|---|
| Lundis et mardis | École Yvan-Pélissier | Classe Ulis de CM1, avec une AVS, et deux heures à l’hôpital de jour de Narbonne |
| Jeudis et vendredis matin | IME Louis-Signoles, à Narbonne | Prise en charge par l’institut |
| Rentrée prochaine | IME | Quatre jours par semaine, si tout va bien |
Si tout se passe bien, l’IME prendra donc Noam en charge quatre jours par semaine dès la rentrée prochaine. Ce que deviendra alors la part d’école n’est pas précisé. C’est un point à anticiper pour toute famille dans cette situation.
Côté enfant, le bilan est simple : Noam est ravi d’avoir retrouvé une vie sociale et ses copains.
Ce que les familles d’enfants handicapés peuvent retenir de ce dossier
Un cas ne fait pas une règle, mais il dessine des réflexes utiles pour un parent confronté à la même situation :
- Poser la question de l’école dès l’annonce d’un temps partiel en IME. Les Caplain l’ont fait au printemps, avant la rentrée. Cela n’a pas évité le refus de septembre, mais le dossier était déjà posé.
- S’adresser à plusieurs interlocuteurs à la fois. Ici : la MDPH, l’enseignant référent et l’assistante sociale de l’hôpital de jour.
- Ne pas tenir un refus pour définitif. Le rectorat a répondu que la scolarité partagée n’était pas la bonne réponse. Quelques jours plus tard, elle était acceptée.
- Rendre la situation visible quand les institutions se renvoient la balle. La prise de parole publique de la mère a précédé de quelques heures le revirement.
Chaque famille décide si elle souhaite s’exposer ainsi. Mais ce dossier rappelle ce que représente l’école pour un enfant de 10 ans : un lieu d’apprentissage, et aussi un endroit où l’on retrouve ses copains.
Vos questions
Pourquoi Noam n’était-il plus accepté à l’école ?
Début septembre, l’école lui a demandé de partir, car l’IME le prenait désormais en charge. Or l’IME ne l’accueillait qu’une journée et demie par semaine. La MDPH et l’Éducation nationale se sont ensuite renvoyé la balle.
À qui les parents de Noam ont-ils demandé une scolarité partagée ?
Dès le printemps, ils ont adressé leur demande à la MDPH, à l’enseignant référent et à l’assistante sociale de l’hôpital de jour de Narbonne. Ils voulaient partager la scolarité de leur fils entre l’IME et l’école Yvan-Pélissier. Le rectorat y était encore opposé peu avant le revirement.
À quoi ressemble la semaine de Noam aujourd’hui ?
Il est à l’école les lundis et mardis, avec deux heures à l’hôpital de jour de Narbonne ces jours-là. Les jeudis et vendredis matin, il se rend à l’IME. Si tout va bien, l’IME le prendra en charge quatre jours par semaine dès la rentrée prochaine.
Sources : L’Indépendant.


