La régression du sommeil désigne une phase où un bébé jusque-là bon dormeur multiplie ses réveils nocturnes et raccourcit ses siestes, le plus souvent entre 4 et 18 mois. Le terme n’est toutefois pas validé par tous les pédiatres, certains contestant qu’il s’agisse d’un phénomène biologique distinct.
En août 2025, un pédiatre a créé la surprise en affirmant que la régression du sommeil du bébé n’existerait pas, provoquant l’incompréhension de parents épuisés qui guettent le fameux cap des quatre mois. À l’heure où j’écris ces lignes, ce débat n’est toujours pas tranché, et je crois utile de vous le rapporter avec ses nuances plutôt que de trancher à sa place. Dans l’esprit Montessori qui m’accompagne depuis des années, j’ai appris à me méfier des calendriers rigides imposés aux enfants. Voici donc ce que l’on sait, ce qui reste débattu, et surtout ce qui change concrètement pour vous dans l’observation quotidienne de votre bébé.
Régression du sommeil : de quoi parle-t-on vraiment ?
En août 2025, le pédiatre Arnault Pfersdorff déclarait dans Ouest-France que la régression du sommeil n’existe pas en tant que phénomène biologique isolé, une sortie qui a fait grand bruit chez les jeunes parents. Le débat est lancé. Le terme, lui, circule depuis des années sur les forums et les réseaux sociaux, où chaque tranche d’âge semble avoir sa propre étiquette de crise nocturne. Concrètement, l’expression désigne une période où un bébé jusque-là plutôt bon dormeur multiplie soudain les réveils nocturnes et raccourcit sa sieste, parfois du jour au lendemain. Ce vocabulaire a séduit parce qu’il rassure : il transforme une nuit chaotique en simple étape du développement de l’enfant, presque un jalon à cocher sur un calendrier partagé entre parents épuisés.
Restons prudents avant d’en faire une loi universelle. Certains pédiatres y voient une maturation normale des cycles de sommeil du nourrisson ; d’autres, comme Arnault Pfersdorff, contestent que la régression du sommeil soit une catégorie médicale distincte plutôt qu’un mot commode pour désigner des nuits difficiles. Rien d’absolu ici. À l’heure où j’écris ces lignes, aucun consensus scientifique ne tranche vraiment la question, et ce flou mérite d’être connu avant de s’alarmer. Dans une logique proche de la période sensible chère à l’observation Montessori, mieux vaut regarder ce que traverse concrètement votre enfant que suivre un calendrier de régressions supposées, valable pour tous les bébés au même mois.
Ce que l’on sait (et ne sait pas encore) sur les régressions de sommeil
Que retenir, une fois les deux camps entendus ? D’un côté, une partie des pédiatres et des ouvrages de puériculture s’accordent sur un fait simple : le sommeil du nourrisson n’est pas linéaire, il se réorganise par paliers, en lien avec la maturation neurologique et les acquisitions motrices. De l’autre, des voix comme celle d’Arnault Pfersdorff rappellent qu’aucune étude ne démontre l’existence de « fenêtres de régression » aux âges précis qui circulent sur les réseaux — 4,8, 12 ou 18 mois restent des repères d’observation populaire, pas des bornes cliniques validées. Entre les deux, un terrain d’accord existe malgré tout : les nuits plus agitées à certains moments du développement sont réelles et fréquentes, seule leur appellation en « régression » fait débat. Restons prudents, donc, sur le vocabulaire ; l’expérience que vous vivez avec votre bébé, elle, n’a rien d’imaginaire.
Pourquoi le sommeil de bébé se dérègle-t-il à certains âges ?
Vers 4 mois, quelque chose bascule dans l’architecture du sommeil : c’est l’âge le plus souvent cité pour la première perturbation notable, au moment où le rythme circadien du nourrisson se met en place et où ses cycles de sommeil commencent à ressembler à ceux d’un enfant plus grand. D’autres pics reviennent régulièrement dans les observations, autour de 8,12 et 18 mois ; ce ne sont pas des dates gravées dans le marbre, mais des repères indicatifs. Le développement moteur y est souvent associé : station assise, quatre pattes, premiers pas mobilisent tant d’énergie et d’attention que les nuits s’en ressentent. Un peu plus tard s’ajoute l’angoisse de séparation, ce moment où l’enfant comprend que vous existez même hors de sa vue, et où il proteste davantage au coucher. Peut-on relier cela à une période sensible, au sens montessorien du terme ? La tentation est grande. Restons prudents : la coïncidence de calendrier n’est pas une démonstration, et à l’heure où j’écris ces lignes, aucune étude ne l’établit formellement.
Que faire concrètement quand les nuits se compliquent ?
Ce qui change concrètement pour vous, au fond, ce n’est pas de trancher le débat théorique, mais de savoir quoi faire à 3 heures du matin quand votre bébé pleure pour la quatrième fois. La première chose que je recommande, forte de mes années à observer des familles dans les crèches et écoles Montessori, c’est de résister à la tentation de tout changer d’un coup : nouveau rituel, nouvelle chambre, nouveau mode de portage. Un environnement stable et prévisible reste le repère le plus sûr pour un enfant qui traverse déjà une phase de bouleversement intérieur bien réelle — qu’on l’appelle régression ou simplement étape de maturation. Un rituel du coucher court, répété dans le même ordre chaque soir, aide souvent plus qu’une nouvelle méthode miracle glanée sur les réseaux.
Ensuite, observez avant d’agir : est-ce une poussée dentaire, une otite qui couve, un simple pic de croissance, ou vraiment un cap développemental comme les premiers pas ou l’angoisse de séparation ? Dans l’esprit Montessori, l’enfant nous montre lui-même où il en est, à condition qu’on prenne le temps de le regarder plutôt que de plaquer une grille toute faite sur ses nuits. Notez les horaires de réveil, la durée des siestes, les éventuels signes associés (fièvre, poussée dentaire visible, nouvelle acquisition motrice) : ce petit carnet d’observation, que je recommande souvent aux parents que je croise en salon de l’éducation, permet de distinguer un accident ponctuel d’une tendance qui dure.
Mais accompagner bébé ne suffit pas : il faut aussi vous accompagner vous-même. Ces phases éprouvent autant les parents que l’enfant, et l’épuisement accumulé finit par peser sur toute la maisonnée. Si vous êtes deux à la maison, organisez-vous pour vous relayer sur les réveils nocturnes plutôt que de laisser un seul parent porter toutes les nuits : une nuit sur deux, ou une garde en première partie et l’autre en seconde partie, change beaucoup à l’usure. Seul, sollicitez un proche ou une aide ponctuelle pour souffler quelques heures en journée et rattraper du sommeil par tranches. Dédramatiser aide aussi : cette phase, aussi longue et pénible paraisse-t-elle sur le moment, reste transitoire dans l’immense majorité des cas, et la fatigue que vous ressentez ne dit rien de votre capacité à bien faire les choses. Restons prudents avec vous-même autant qu’avec votre bébé : un parent épuisé au bout du rouleau n’aide personne, et demander du relais n’est jamais un aveu d’échec.
Faut-il consulter, et à partir de quand ?
La question mérite une réponse plus précise que le simple « au-delà de quelques semaines » que l’on entend souvent. Deux situations sont à distinguer. La première, la plus fréquente : une phase de nuits agitées qui se prolonge sans autre changement notable chez l’enfant — il reste éveillé, curieux, mange normalement en journée, et les siestes, même écourtées, restent présentes. Dans ce cas, la patience et l’observation restent de mise, et une consultation reste utile surtout pour rassurer les parents, pas parce qu’un danger médical guette. La seconde situation appelle une consultation sans attendre : fièvre associée, perte d’appétit marquée ou perte de poids, léthargie inhabituelle (bébé difficile à réveiller ou anormalement mou), pleurs inconsolables très différents de ses pleurs habituels, ou régression qui s’accompagne d’une perte d’acquisitions déjà en place en journée (il ne tient plus assis, ne babille plus). Ces signes-là ne relèvent plus du simple aléa du sommeil et justifient un avis pédiatrique rapide. Entre les deux, si la phase s’étire bien au-delà de ce qui vous semble raisonnable pour votre enfant sans ces signes d’alerte, il n’y a aucune honte à consulter simplement pour être rassurée : le pédiatre reste la meilleure boussole, bien avant un article ou un forum.
À l’heure où j’écris ces lignes, retenons donc l’essentiel : que le mot « régression » convainque ou non votre pédiatre, les nuits plus agitées de votre bébé à certains âges sont bien réelles, et rien dans les échanges de spécialistes ne remet cela en cause. Ce qui compte, ce n’est pas l’étiquette, mais votre capacité à observer calmement, à garder des repères stables pour l’enfant, et à ne pas vous épuiser seule ou seul dans l’attente que la phase passe. Elle passe, dans la grande majorité des cas. Et si le doute persiste, si un signe vous inquiète au-delà du simple manque de sommeil, n’attendez pas : demandez l’avis d’un pédiatre. Ce sera toujours plus utile qu’un calendrier de régressions, aussi séduisant soit-il.
🛒 Découvrez notre sélection Montessori
Retrouvez les meilleurs produits Montessori sur notre boutique en ligne :
Voir toute la boutique

