Votre enfant autiste ou TDAH devait faire sa rentrée dans un dispositif d’autorégulation ? À Perpignan, celui de l’école Coubertin n’a pas ouvert le 1er septembre 2026. Salle non prête, équipe incomplète, admissions pas encore examinées : Hugo, 10 ans, reste à la maison. Voici ce que ce report change pour les familles.
En bref
- Le dispositif d’autorégulation de l’école Coubertin, à Perpignan, n’a pas ouvert le 1er septembre : travaux non réalisés, équipe incomplète.
- La mairie annonce le chantier pendant les vacances d’automne, avec des locaux disponibles à la rentrée de novembre.
- La commission d’admission ne s’est pas encore réunie, et les enfants du secteur pourraient passer avant ceux des communes voisines.
Le chiffre clé : 1 pour 8, accompagnante AESH pour huit enfants notifiés, dans l’école de Clément, 8 ans.
Le dispositif de Coubertin n’a pas ouvert le 1er septembre
Le mardi 1er septembre 2026, l’école élémentaire Coubertin, à Perpignan, devait accueillir son nouveau dispositif d’autorégulation, le DAR. Il s’adresse aux enfants présentant des troubles du neurodéveloppement : autisme, hyperactivité, etc. La porte est restée fermée.
Le principe : une structure dotée d’un enseignant, d’un psychologue et d’éducateurs spécialisés dans l’accueil de ces élèves. Sauf que rien n’était prêt. La salle DAR n’était pas aménagée, les travaux n’avaient pas été réalisés et l’équipe n’était pas encore au complet.
Les familles l’ont appris tard. Celle d’Hugo a été prévenue la veille de la rentrée. Pour l’heure, la municipalité n’a pas encore réalisé les travaux nécessaires dans l’établissement.
Autre étape encore devant : la commission d’admission, chargée d’examiner les dossiers des élèves qui souhaitent intégrer le dispositif, ne s’est pas encore tenue.
Hugo, 10 ans, reste à la maison faute de solution adaptée
Hugo est en CM1. Il a reçu un diagnostic de trouble du spectre autistique (TSA) et de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Sa famille avait fait la demande en fin d’année dernière. Durant l’été, la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) l’a orienté vers un DAR. Il pensait donc faire sa rentrée à Coubertin.
Il attend toujours de faire sa rentrée
Marjorie, la maman d’Hugo, à L’Indépendant
À la rentrée, Hugo était le seul élève à avoir la notification pour intégrer le DAR. Mais rien n’est garanti : on a dit à sa mère que les enfants du secteur pourraient être prioritaires. Or la famille n’habite pas Perpignan, mais un village en périphérie.
L’école du village n’est pas une option, selon elle. Puisqu’Hugo a été orienté vers un DAR, il n’a plus de notification pour une accompagnante d’enfant en situation de handicap (AESH). Marjorie a écrit à l’Inspection et au rectorat pour obtenir une solution adaptée. Elle n’a toujours pas de réponse écrite.
Elle sait pourtant ce que ce type de structure peut apporter. Son fils aîné, 14 ans, également TSA, est scolarisé dans le DAR du collège Camus. Grâce à cet accompagnement, il va aujourd’hui en classe tout seul, se concentre et frôle les 15 de moyenne.
La mairie promet des locaux en novembre, l’Inspection attend les travaux
Du côté de la ville, l’adjointe au maire chargée de l’Éducation, Fatima Dahine, assure que le chantier aura lieu pendant les vacances d’automne. Les locaux seraient disponibles dès la rentrée de novembre. Selon elle, le dispositif est en train de se mettre en place et le comité consultatif d’admission se réunira prochainement.
Elle ajoute un point qui ne dépend pas de la mairie : la coordinatrice du dispositif doit encore se former. La ville dit travailler de concert avec l’Inspection académique.
Celle-ci juge la problématique d’Hugo « connue » et affirme que « toutes les réponses ont été fournies à la famille ». Elle précise que l’examen de la situation se fera « en fonction de l’évolution des travaux ».
Concrètement, la situation d’Hugo dépend d’un calendrier de chantier, puis d’une commission qui ne s’est pas réunie. En attendant, il n’a pas d’école adaptée.
Le manque d’AESH touche d’autres familles du département
Marjorie se bat aussi pour Clément, 8 ans, le petit frère d’Hugo, atteint de TDAH. La MDPH lui a prescrit 18 heures d’accompagnement individualisé. Le jour de la rentrée, son école n’avait pourtant qu’une seule AESH. Deux autres enfants avaient une notification d’accompagnement individualisé de 12 heures chacun, et cinq autres une notification d’accompagnement mutualisé. L’AESH a un contrat de 24 heures : elle ne peut pas accompagner tout le monde.
| Enfant | Situation | Accompagnement |
|---|---|---|
| Hugo, 10 ans, CM1 | TSA et TDAH | Orienté vers le DAR de Coubertin, qui n’a pas ouvert. Plus de notification AESH |
| Clément, 8 ans | TDAH | 18 heures d’accompagnement individualisé prescrites, une AESH sous contrat de 24 heures dans l’école |
| Frère aîné, 14 ans | TSA | Scolarisé dans le DAR du collège Camus |
Jean-François Noguès, du syndicat d’enseignants FSU-SNUipp66, confirme que ces cas ne sont pas rares. Il dit recevoir des signalements de manque d’heures d’AESH par rapport aux notifications un peu partout. Il constate aussi qu’il n’y a pas assez de places dans les établissements spécialisés, comme les instituts médico-éducatifs. Des élèves orientés vers ces structures se retrouvent en classe ordinaire.
Rémy Landri, porte-parole départemental de la Fédération des conseils de parents d’élèves, partage ce constat. L’enfant ne bénéficie pas de l’accompagnement prescrit, et les enseignants se retrouvent souvent démunis.
Trois réflexes pour les familles dans la même situation
Ces démarches s’inspirent de ce que fait Marjorie. Elles ne garantissent pas une place, mais elles laissent des traces et posent les bonnes questions.
- Écrire à l’Inspection et au rectorat pour demander une solution adaptée, puis réclamer une réponse écrite si elle ne vient pas.
- Demander la date de la commission d’admission et les critères de priorité, surtout si vous habitez hors de la commune du dispositif.
- Comparer la notification de la MDPH avec la réalité de l’école : nombre d’heures d’AESH prescrites, nombre d’enfants à accompagner, contrat de l’accompagnante.
Vos questions
Quand le dispositif d’autorégulation de Coubertin ouvrira-t-il ?
La mairie annonce un chantier pendant les vacances d’automne et des locaux disponibles à la rentrée de novembre. Aucune date d’ouverture précise n’est annoncée. La coordinatrice doit encore se former, et la commission d’admission doit se réunir.
Pourquoi Hugo ne peut-il pas aller à l’école de son village ?
Orienté vers un DAR, il n’a plus de notification pour une AESH. Sa mère estime que l’école du village ne serait pas adaptée. Elle a saisi l’Inspection et le rectorat pour obtenir une solution.
Que répond l’Inspection académique aux parents ?
Elle indique que la problématique est connue et que toutes les réponses ont été fournies à la famille. Elle précise que l’examen de la situation se fera selon l’évolution des travaux. Marjorie dit ne toujours pas avoir de réponse écrite.
Sources : L’Indépendant.


