Vous avez déjà hésité à reprendre un enfant qui fait une bêtise dans la rue ? Patrick Jubert, retraité d’Auragne, en Haute-Garonne, a dû verser 250 € après avoir immobilisé un enfant. Il écrit maintenant à tous les candidats de la présidentielle d’avril 2027 sur les incivilités des mineurs.
En bref
- Patrick Jubert, retraité d’Auragne en Haute-Garonne, a dû verser 250 € après avoir immobilisé un enfant devant la mairie.
- Il envoie une lettre ouverte à tous les candidats à la présidentielle d’avril 2027 sur les incivilités des mineurs.
- Un ballon offert à Noël 2024 a ramené le calme chez lui pendant plusieurs mois, avant que tout reprenne.
Le chiffre clé : 250 €, versés à l’enfant après la plainte de ses parents pour violence sur mineur.
Un retraité de Haute-Garonne écrit à tous les candidats de 2027
Patrick Jubert vit à Auragne, une petite commune de Haute-Garonne. Il est retraité et a travaillé pour la mairie de Nailloux. Il a décidé d’envoyer une lettre ouverte à chaque candidat qui se présentera à l’élection présidentielle d’avril 2027.
Sa demande est simple. Il veut savoir quelles mesures les candidats comptent prendre face aux incivilités commises par des mineurs, que ce soit contre des biens ou contre des personnes.
Le sujet n’a rien de théorique pour lui. Il a été sanctionné d’une amende après avoir repris, de façon musclée, un enfant qui, selon lui, empoisonne régulièrement la vie des habitants. Son histoire pose une question que tout parent se pose un jour : jusqu’où peut aller un adulte qui veut faire respecter une limite ?
Un ballon de rugby avait calmé les deux enfants pendant plusieurs mois
Tout commence pendant les vacances de Noël 2024. Patrick Jubert apporte ses déchets au tri sélectif et voit deux enfants en train de sauter sur un conteneur. Il les interpelle et leur fait comprendre qu’ils devraient trouver un autre jeu.
Les enfants lui répondent qu’ils aiment le rugby, mais que leurs parents ne peuvent pas acheter de ballon. Il leur demande de revenir le voir une semaine plus tard et prend l’initiative de leur offrir un ballon. Selon lui, « ils étaient très contents, ils ont arrêté d’embêter ma famille pendant plusieurs mois ». Mais ils auraient continué d’importuner d’autres habitants, avant de s’en prendre de nouveau à lui.
Le retraité a répertorié de nombreux incidents, confirmés par d’autres habitants dans des attestations destinées à la justice :
- des sonneries et des coups frappés aux portes ;
- un pneu dégonflé ;
- des dessins obscènes glissés dans les boîtes aux lettres ;
- des enfants allongés dans la rue pour forcer les véhicules à s’arrêter, avant de partir en courant.
Il a alerté le maire à plusieurs reprises. Il lui reproche de ne pas avoir utilisé ses pouvoirs de police.
Le 20 avril 2026, un enfant est immobilisé devant la mairie
Le lundi 20 avril 2026, selon le retraité, l’un des enfants s’apprêtait à jeter une bombe à eau avec l’aide de son camarade. Patrick Jubert l’immobilise « fermement » devant la mairie. Il le relâche à la demande d’élus, et l’enfant s’enfuit en courant.
Les parents de l’enfant déposent plainte pour violence sur mineur de moins de 15 ans sans incapacité. Le mercredi 16 septembre, l’affaire est jugée à Toulouse. Patrick Jubert doit verser 250 € à l’enfant.
Il explique avoir cédé : on lui aurait dit que son refus de payer l’enverrait en correctionnelle. Il assure aussi que les témoignages des habitants n’ont pas été pris en compte. Ce sont ses mots, pas un jugement détaillé.
| Date | Fait |
|---|---|
| Noël 2024 | Premier échange avec les deux enfants, ballon offert |
| 20 avril 2026 | Un enfant est immobilisé devant la mairie, plainte des parents |
| 27 mai | La mairie convoque les deux enfants et leurs parents |
| 11 juin | Le retraité est reçu par deux élues |
| 16 septembre | Jugement à Toulouse, 250 € à verser |
Le maire dit qu’il n’avait pas à juger, la mairie a convoqué les familles
Le maire, René Pacher, justifie sa retenue en ces termes :
« Je ne peux pas passer ma vie sur la place publique pour surveiller deux enfants. Ce n’est pas moi qui fais la loi. »
René Pacher, maire d’Auragne.
Il ajoute que son travail était d’avertir la gendarmerie et de laisser la justice faire le sien. Selon lui, ce n’est pas à lui de juger.
La mairie, qui n’était pas intervenue avant le 20 avril, a tout de même convoqué les deux enfants avec leurs parents le mercredi 27 mai. Une première famille est venue pour un entretien d’une heure et demie avec trois conseillers municipaux, sans le maire. La famille qui avait porté plainte ne s’est pas présentée.
Le jeudi 11 juin, Patrick Jubert a été reçu par la première adjointe, Nicole Anglade, et la conseillère municipale Marie-Claude Bonnet. Il aurait voulu que le maire agisse et qu’une médiation réunisse familles, enfants et mairie autour d’une discussion.
Ce que cette histoire dit de l’autorité et de la bienveillance
Deux manières d’agir s’opposent dans ce récit. Au départ, Patrick Jubert parle aux enfants, écoute leur envie de jouer au rugby, leur donne rendez-vous et leur offre un ballon. Le calme revient chez lui pendant des mois. Ensuite, face à un geste qu’il juge inacceptable, il immobilise un enfant. Cela se termine par une plainte et 250 €.
Pour un parent, la leçon n’est pas d’excuser les bêtises. Elle est de séparer deux choses : poser une limite claire et toucher l’enfant. La limite, un adulte peut la dire ferme, avec des mots. Saisir un enfant, même brièvement, ouvre un autre terrain, celui de la loi.
Autre enseignement : la limite tient mieux quand plusieurs adultes la portent. Ici, le retraité réclame une discussion entre les familles, les enfants et la mairie. C’est une forme de bienveillance qui ne fait pas l’impasse sur la règle.
Depuis le 20 avril, les deux enfants n’auraient commis aucune nouvelle incivilité. Le retraité craint pourtant qu’ils pensent ne pas être punis, puisque l’un d’eux va recevoir 250 €. Sa question reste ouverte : « Quelle est cette justice ? »
Vos questions
Pourquoi Patrick Jubert a-t-il été sanctionné ?
Le 20 avril 2026, il a immobilisé fermement un enfant devant la mairie d’Auragne. Les parents ont porté plainte pour violence sur mineur de moins de 15 ans sans incapacité. Il a dû verser 250 € à l’enfant après son passage à Toulouse le 16 septembre.
Que demande-t-il aux candidats à la présidentielle ?
Il leur envoie une lettre ouverte pour les interpeller sur les incivilités commises par des mineurs, contre des biens ou des personnes. Il veut savoir quelles mesures ils comptent mettre en place. L’élection a lieu en avril 2027.
Les deux enfants ont-ils recommencé depuis ?
Depuis l’incident du 20 avril, ils n’auraient pas commis de nouvelles incivilités. La mairie a convoqué les enfants et leurs parents le 27 mai. Une seule famille est venue, celle qui avait porté plainte ne s’est pas présentée.
Sources : Actu.fr.


