Fessées et gifles : pourquoi les enfants de 3 à 5 ans en parlent spontanément, et ce que l’Unicef recommande

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Petite chaise en bois et étagère de livres usés dans une classe de maternelle vide, manteaux accrochés au fond

par | 8 octobre 2026 | News

Votre enfant de maternelle voit tout, et il le dit. Dans une étude pilote d’Unicef France publiée ce jeudi 8 octobre, des enfants ont évoqué sans qu’on le leur demande les coups reçus à la maison. Ce que cela révèle sur leur façon de vivre la punition, et les pistes pour faire autrement.

En bref

  • Unicef France a interrogé 64 enfants de 3 à 5 ans, en Guadeloupe et dans l’Hexagone, lors d’une étude pilote.
  • Plusieurs enfants ont évoqué spontanément des coups reçus à la maison, alors que les questions portaient sur leurs émotions.
  • Les violences éducatives ordinaires sont interdites depuis 2019, mais certains enfants les jugent méritées après une bêtise.

Le chiffre clé : 64, enfants de 3 à 5 ans interrogés par Unicef France en maternelle.

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Des enfants de maternelle qui évoquent les coups sans qu’on les interroge dessus

L’étude pilote d’Unicef France ne cherchait pas d’abord à mesurer les fessées. Son but : comprendre comment les enfants perçoivent leur quotidien, à l’école comme à la maison, et comment ils expriment leurs émotions. Les violences éducatives ordinaires (fessées, gifles, menaces, moqueries) sont pourtant ressorties d’elles-mêmes.

Soixante-quatre enfants de 3 à 5 ans ont été interrogés, en Guadeloupe et en France hexagonale. Les échanges se déroulaient dans un cadre sécurisant, en petits groupes ou en entretiens individuels. On leur parlait de l’école, du plaisir de jouer, de leurs petites peurs et du rôle rassurant de leur famille.

Personne ne leur a demandé de raconter des coups. Ces récits sont arrivés quand les enfants décrivaient les situations qui déclenchent leurs émotions. Pour vous, c’est le point clé : à cet âge, parler de ce qui rend triste ou de ce qui fait peur, c’est aussi parler de ce que l’on vit.

Des mots d’enfants, et des adultes proches mis en cause

Les phrases rapportées sont simples et directes. Un enfant dit : « Quand papa me tape, je suis très triste ». Un autre : « ma mère me tape avec un gros ballon qui fait mal à la tête ». Un troisième parle de sa grand-mère : « et ma mamie, elle me tape avec la ceinture ».

Ces violences ont lieu surtout en famille, plus rarement à l’école. Elles viennent d’adultes qui comptent : parents, enseignants, parfois grands-parents ou frères et sœurs. Ce sont aussi les personnes vers lesquelles les plus petits se tournent pour être réconfortés quand ils ont peur, et auprès desquelles ils se sentent protégés.

Le même adulte peut donc être, pour l’enfant, une source de sécurité et une source de crainte. C’est cette ambivalence que les auteurs de l’étude jugent préoccupante.

Un enfant peut juger la punition méritée parce qu’il aime son parent

Selon l’étude, les enfants n’ont pas toujours les repères pour reconnaître certains comportements comme des violences. Ou bien ils les ont intégrés comme légitimes. Le cas le plus net : le coup qui suit une « bêtise ». L’enfant a alors le sentiment de mériter ce qu’il subit, voire de l’avoir cherché.

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Unicef France ajoute une difficulté, le conflit de loyauté :

« Un jeune enfant peut simultanément aimer son parent, rechercher sa protection, craindre certains de ses comportements et souhaiter préserver la relation qui les unit. » Unicef France, dans son rapport d’étude pilote

Il n’y a donc pas de contradiction quand un petit raconte un coup avec tristesse tout en continuant de chercher son parent. Il veut garder le lien. Et cela explique pourquoi il ne présente pas forcément la scène comme une injustice.

L’étude en repères : petit échantillon, message net

Repère Ce que dit l’étude
Enfants interrogés 64
Âge 3 à 5 ans
Lieux Guadeloupe et France hexagonale
Format Petits groupes ou entretiens individuels
Publication du rapport Jeudi 8 octobre
Interdiction des violences éducatives ordinaires Depuis 2019

Attention à la portée du résultat. Il s’agit d’une étude pilote auprès de 64 enfants. Les éléments disponibles ne donnent pas de proportion d’enfants concernés. Ce qu’elle établit, c’est que ces violences restent présentes dans le quotidien de certains tout-petits, et qu’ils sont capables d’en parler.

Elle montre aussi que l’interdiction de 2019 n’a pas suffi à faire disparaître ces pratiques. Fessées, gifles, menaces et moqueries continuent de rythmer la vie de nombreux enfants, parfois très jeunes.

L’Unicef propose d’écouter davantage, de former et d’informer

Pour Unicef France, ces violences portent préjudice à la santé et au développement des enfants. Elles constituent aussi une atteinte à leurs droits. L’organisation formule plusieurs pistes :

  • laisser plus de place à l’expression des émotions et des sentiments des enfants, notamment pendant les séances d’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR), désormais obligatoires pour tous les élèves ;
  • mieux former les professionnels à recueillir la parole des enfants et à repérer le mal-être, la négligence ou la violence ;
  • poursuivre les supports et campagnes d’information contre les violences faites aux enfants.

Ces pistes visent surtout l’école et les professionnels. Le rapport ne détaille pas de méthodes éducatives à appliquer à la maison. Mais l’idée centrale se transpose bien : c’est en invitant l’enfant à raconter ce qui le rend triste ou lui fait peur que la parole est venue. Offrir ce temps d’écoute, sans réaction immédiate, donne à votre enfant les repères qui lui manquent pour nommer ce qu’il ressent.

Vos questions

Les fessées et les gifles sont-elles interdites en France ?

Oui. Les violences éducatives ordinaires, c’est-à-dire fessées, gifles, menaces ou moqueries, sont interdites depuis 2019. L’étude d’Unicef France montre pourtant qu’elles continuent d’être vécues par certains jeunes enfants.

Combien d’enfants ont participé à l’étude d’Unicef France ?

Soixante-quatre enfants de 3 à 5 ans, vivant en Guadeloupe et en France hexagonale, ont été interrogés. Il s’agit d’une étude pilote, qui ne donne pas de pourcentage d’enfants concernés. Le rapport a été publié le jeudi 8 octobre.

Pourquoi un enfant trouve-t-il parfois normal d’être puni physiquement ?

Les enfants n’ont pas toujours les repères pour reconnaître une violence, ou l’ont intégrée comme légitime. Après une bêtise, ils peuvent penser qu’ils méritent la punition. À cela s’ajoute un conflit de loyauté : ils aiment leur parent et veulent préserver le lien.

Sources : Le HuffPost.

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