Plus de 30 °C en classe, un enfant de 4 ans qui vomit le soir : dans une école des Hauts-de-Seine, la canicule de mai a laissé des traces. Depuis, des parents se mobilisent partout en France. Voici ce qu’ils demandent aux collectivités, et ce que vous pouvez faire dans l’école de votre enfant.
En bref
- Faites-la briller a rassemblé des parents aux abords de nombreuses écoles pour réclamer des bâtiments adaptés à la chaleur.
- À Nantes, des parents ont obtenu des relevés de températures et un comité de suivi, première réunion le 6 octobre.
- Demain 50 °C propose des aménagements low-tech et un rôle de « référent fraîcheur » pour préparer les écoles aux canicules.
Le chiffre clé : 30 °C, Température dépassée en classe dans une école des Hauts-de-Seine en mai.
Des classes à plus de 30 °C ont rendu des enfants malades dès mai
Tout commence le 21 mai, avec le premier épisode caniculaire de 2026, qui s’étend sur neuf jours. Dans une école des Hauts-de-Seine, les températures dépassent les 30 °C dans les salles de classe. Juliette, maman d’un garçon de 4 ans, raconte la suite : son fils refuse de goûter alors qu’il était en pleine forme la veille, puis vomit longuement le soir.
Selon elle, il n’est pas le seul. En discutant avec d’autres mères, elle a compris que beaucoup d’enfants avaient vomi aussi. Elle décrit une école qui n’avait rien anticipé : aucun filtre sur les fenêtres, aucun ventilateur, aucune information aux parents, alors que la mairie était alertée depuis des mois. Les équipements commandés en urgence sont arrivés trop tard.
Quand une seconde vague, plus longue et plus intense, touche la France à partir du 17 juin, des parents prennent les devants. Certains collent eux-mêmes des couvertures de survie aux fenêtres, d’autres apportent des ventilateurs. Insuffisant, juge Juliette, qui parle de conditions très dangereuses pour les enfants et craint le pire si cela se reproduit.
Faites-la briller veut que chaque collectivité assume ses responsabilités
En juin, des parents se sont rassemblés aux abords de nombreuses écoles, partout en France, pour alerter sur l’accueil des élèves et du personnel. Pancartes en main, équipés de couvertures de survie, ils répondaient à l’appel de Faites-la briller, un collectif créé par les journalistes Renée Greusard et Thibaut Schepman. L’objectif : obliger les collectivités territoriales et l’État à adapter les bâtiments scolaires aux fortes chaleurs.
Trois mois et trois nouvelles canicules plus tard, la détermination n’a pas bougé, assure Renée Greusard. Elle dénonce un jeu de ping-pong : les municipalités répondent que cela dépend des régions, les régions renvoient vers l’État.
« Il faut que chacun prenne ses responsabilités ! »
Renée Greusard, cofondatrice de Faites-la briller, au HuffPost
Le collectif compte désormais se constituer en association, et ses revendications ont essaimé dans toute la France.
Nantes, Strasbourg ou Montpellier prouvent que la mobilisation peut payer
Dans plusieurs villes, la pression des parents a produit des effets concrets, en lien avec les élus et les directions d’école.
| Ville | Ce qui a été obtenu |
|---|---|
| Nantes | Des relevés de températures dans certaines écoles au plus fort de la canicule, et un comité de suivi à la mairie |
| Strasbourg, Marseille, Montrouge, Montpellier, Oullins-Pierre-Bénite | Des solutions à court, moyen et long terme recherchées avec les élus et les directions d’établissement |
| Montreuil | Un rendez-vous avec une mairie favorable à des changements |
À Nantes, c’est le collectif de parents « 35 ° à l’école » qui a décroché ces avancées à force de mobilisation. La première réunion du comité de suivi avec les élus doit se tenir le 6 octobre.
Renée Greusard nuance pourtant : à Montreuil, où elle habite, la mairie est ouverte au dialogue, mais dans certaines villes, ce n’est pas du tout le cas.
À Saint-Ouen, un voile d’ombrage promis pour novembre est arrivé après la canicule
Certaines communes ont surtout besoin d’être guidées. Apolline, dont la fille de 5 ans est scolarisée à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, en a fait l’expérience. En avril 2025, la mairie lance la réfection de la cour. Surprise : un goudron noir, de type routier, qui sent très mauvais et accumule la chaleur.
Deuxième déconvenue : un voile d’ombrage promis pour novembre dernier n’a été posé qu’à la rentrée 2026, après des semaines de canicule. Apolline a eu l’impression que la mairie jouait la montre jusqu’à l’été.
Elle reste mobilisée avec d’autres parents élus pour accélérer les travaux d’isolation et de rafraîchissement. L’école est ancienne et pourrait entrer dans un projet de végétalisation, mais elle n’en voit pas la couleur. Son constat : un manque d’anticipation, pendant que les enfants cuisent en classe.
Couvertures de survie, ventilateurs, persiennes : des gestes à la portée des parents
Le temps est compté avant le retour des fortes températures l’été prochain. Une rénovation thermique demande du temps, mais il est possible de s’organiser dès maintenant pour que les élèves ne suffoquent plus en classe.
- Acheter et poser des couvertures de survie ou du blanc de Meudon aux fenêtres
- Prêter des ventilateurs
- Installer des persiennes
Ces tâches sont à la portée des familles, à une condition : trouver des alliés parmi les enseignants et à la mairie, souligne Juliette. Vous pouvez aussi demander, comme à Nantes, des relevés de températures pour objectiver le problème.
Juliette a rejoint cet été l’association Demain 50 °C, qui milite pour une meilleure préparation des écoles aux canicules extrêmes. Elle défend des aménagements low-tech et la création d’un rôle de « référent fraîcheur », pour que chaque école soit mieux armée face aux étés à venir.
Vos questions
Que peuvent faire les parents avant l’été prochain ?
Ils peuvent acheter et poser des couvertures de survie ou du blanc de Meudon aux fenêtres, prêter des ventilateurs, voire installer des persiennes. Ces gestes sont à leur portée s’ils trouvent des alliés parmi les enseignants et la mairie. La rénovation thermique des bâtiments, elle, prend plus de temps.
Qui doit adapter les écoles à la chaleur ?
Faites-la briller s’adresse à la fois aux collectivités territoriales et à l’État. Selon Renée Greusard, les municipalités renvoient vers les régions, et les régions vers l’État. Le collectif demande que chacun prenne ses responsabilités.
Une mobilisation de parents peut-elle vraiment changer les choses ?
Parfois, oui. À Nantes, des parents ont obtenu des relevés de températures et un comité de suivi à la mairie. Ailleurs, comme à Saint-Ouen, un voile d’ombrage promis pour novembre n’a été posé qu’à la rentrée 2026, après des semaines de canicule.
Sources : Le HuffPost.


