Votre enfant revient de la crèche avec des traces sur le visage et le corps, et la direction n’a pas d’explication convaincante. À Toulouse, Nader et Bellanith ont vécu cette scène en septembre 2024. Deux ans plus tard, ils attendent toujours un procès. Leur parcours montre les gestes à faire tout de suite.
En bref
- Le 13 septembre 2024, des parents découvrent des marques sur le visage et le corps de leur fils.
- Les parents portent plainte le jour même, mais la première plainte est classée sans suite en juin 2025.
- Deux ans après, l’enfant de 4 ans est suivi psychologiquement et ses parents réclament un procès.
Le chiffre clé : 621 euros, Mensualité de la crèche privée, dont la direction a proposé le remboursement.
Quinze jours après la rentrée, un enfant pâle et des traces sur les joues
Nader a choisi cette crèche privée parce qu’elle semblait rassurante : un jardin, une initiation à l’anglais, un cadre soigné. « Je voulais le meilleur pour lui », dit-il aujourd’hui. Le 13 septembre 2024, quinze jours après la rentrée de son fils de 2 ans, cette confiance s’effondre.
Le couple dépose le petit garçon vers 10 heures. À 16 heures, quand les parents reviennent, il est pâle. Sa mère, Bellanith, remarque des traces sur ses joues et en parle à la directrice. D’après elle, celle-ci ne sait pas quoi répondre et évoque un virus. Bellanith, qui est elle-même assistante maternelle, ne trouve pas cela normal.
Elle décide alors d’examiner tout le corps de son fils. Elle découvre d’autres marques : des griffures et ce qu’elle décrit comme l’empreinte d’une main. La directrice, que nous n’avons pas pu joindre, n’a pas pu donner sa version.
Examiner l’enfant, faire constater, photographier et porter plainte le jour même
Ce couple a enchaîné plusieurs réflexes qui comptent pour la suite d’un dossier. Voici ce qu’ils ont fait ce 13 septembre 2024 :
- Bellanith a regardé le corps entier de son enfant, pas seulement le visage.
- Un médecin a constaté les marques.
- Des photographies ont été prises.
- Les parents ont déposé plainte le jour même.
- L’enfant a été examiné par un médecin légiste.
Rien de tout cela ne garantit une issue judiciaire, la suite du dossier le montre. Mais ces éléments existent, ils sont datés, et Nader a pu annoncer à la direction qu’il disposait de preuves médicales.
Face à la direction, les parents ont exigé que le responsable soit identifié
Nader retourne immédiatement dans l’établissement. « On pense que l’école est l’endroit le plus sécurisé », lâche-t-il. La directrice lui assure qu’aucun incident ne s’est produit. Il ne lui montre d’abord pas les clichés. Puis il annonce qu’il dispose de preuves médicales et exige que la personne susceptible d’avoir maltraité son fils soit identifiée.
Il rappelle aussi le prix de la place, 621 euros par mois, et demande des explications. Avant son départ, affirme-t-il, la direction lui propose de rembourser le mois. Un remboursement ne répond pas à la question posée : qui a fait cela ?
Trois jours plus tard, la directrice transmet à son tour une information préoccupante concernant la famille. Les parents y voient une réaction à leur plainte. Selon eux, cette procédure n’aurait pas eu de suite. Si vous dénoncez des faits, mieux vaut savoir qu’un retour de bâton administratif est possible.
Deux ans après, une plainte classée sans suite et une contestation en cours
La procédure judiciaire s’est enlisée. Voici les étapes décrites par la famille et son avocate :
| Date | Étape |
|---|---|
| 13 septembre 2024 | Marques constatées par un médecin, plainte déposée, examen par un médecin légiste |
| 16 septembre 2024 | Information préoccupante transmise par la directrice, sans suite selon les parents |
| Juin 2025 | Première plainte classée sans suite |
| Octobre 2025 | Décision contestée auprès du procureur général |
| Deux ans après les faits | Les parents réclament un procès |
Leur avocate, Me Léna Baro, dénonce une enquête qu’elle juge lacunaire. « Rien n’a été fait. Personne n’a été auditionné, personne n’a demandé l’organigramme », affirme-t-elle. Elle parle d’une « absence totale de réponse » et assure que « ils sont face à un mur ». Plusieurs relances auraient été adressées à la justice.
Le point sur l’organigramme est utile à retenir : savoir qui encadrait votre enfant, et à quel moment, fait partie des éléments qu’une enquête peut chercher à établir.
Pour l’enfant et la famille, les conséquences durent encore
Le garçon n’est jamais retourné dans cette crèche. Pendant près d’un an, il est resté à la maison avec sa mère, et le couple a même envisagé l’instruction à domicile. Aujourd’hui âgé de 4 ans, il est de nouveau scolarisé et suivi psychologiquement, expliquent ses parents. Ils assurent qu’il évoque encore cet épisode.
« Aujourd’hui encore, quand on le change, on regarde s’il n’a pas de traces »
Bellanith, mère de l’enfant
La famille a quitté Toulouse pour la campagne, à près d’une heure de la ville. Nader ne veut plus confier son fils à un établissement privé. Il reste hanté par un choix : « On avait le choix entre deux écoles. Tous les jours, je culpabilise d’avoir choisi celle-là. »
Leur demande est claire : « Le mal sur notre fils est fait. Maintenant, on veut savoir qui l’a maltraité et pourquoi. Et surtout éviter que cela arrive à un autre enfant », disent-ils.
Vos questions
Que faire si mon enfant revient de la crèche avec des marques inexpliquées ?
Le couple de Toulouse a examiné le corps entier de son fils, puis un médecin a constaté les marques et des photographies ont été prises. Les parents ont déposé plainte le jour même, et l’enfant a été examiné par un médecin légiste. Ils ont aussi exigé que la personne en cause soit identifiée.
Que faire quand une plainte est classée sans suite ?
La famille toulousaine a contesté le classement de juin 2025 auprès du procureur général en octobre de la même année. Son avocate juge l’enquête lacunaire et relance la justice. Les parents réclament désormais un procès.
Quelles suites pour un enfant après de telles marques ?
Le garçon est resté près d’un an à la maison avec sa mère. À 4 ans, il est de nouveau scolarisé et suivi psychologiquement, selon ses parents. Ceux-ci disent surveiller encore les traces sur son corps lors des changes.
Sources : La Dépêche.


