À 2 ans, votre enfant peut passer du rire aux larmes en un instant. Ces crises de colère épuisantes surgissent souvent quand le désir d’agir dépasse les capacités du moment : parler, attendre, se contenir. Ce décalage nourrit une frustration intense, typique de la crise des 2 ans.
Quand la fatigue s’ajoute, que les mots manquent ou qu’un interdit tombe, l’explosion semble inévitable. Et pourtant, rien ici n’est un caprice. Le cerveau émotionnel domine encore, l’autorégulation n’est pas acquise, et l’adulte devient un repère essentiel.
L’approche Montessori propose une lecture différente : comprendre le développement, ajuster l’environnement et co‑réguler l’émotion pour apaiser sans céder. Des leviers concrets existent, dès maintenant.
Pourquoi un enfant de 2 ans est-il si frustré ?
À deux ans, l’enfant traverse une période intense. Il comprend de plus en plus de choses, ressent très fort… mais ne sait pas encore exprimer ni gérer ce qui le traverse. Ce décalage crée une frustration puissante, souvent déroutante pour les parents, surtout lorsqu’elle se transforme en crise de colère.
Sur le plan neurologique, les zones du cerveau liées au contrôle des impulsions sont encore immatures. Autrement dit, votre enfant ne fait pas exprès. Il réagit avec les seuls outils dont il dispose à cet âge : le corps, les pleurs, parfois les cris.
Une étape normale du développement émotionnel
La fameuse crise des 2 ans, souvent appelée terrible two, correspond à une étape clé du développement émotionnel de l’enfant. Il découvre sa volonté propre, affirme son « non » et teste les limites. Ces comportements ne signalent pas une mauvaise éducation, mais une construction interne en plein chantier.
Les données chiffrées récentes manquent pour quantifier précisément la fréquence des crises, mais tous les professionnels de la petite enfance s’accordent sur un point : ces explosions émotionnelles sont normales et transitoires lorsqu’elles sont accompagnées avec constance.
Les principaux déclencheurs de la frustration
- La fatigue : un enfant épuisé perd très vite sa capacité à tolérer la moindre contrariété.
- La faim : un besoin physiologique non comblé amplifie les réactions émotionnelles.
- La frustration du langage : il comprend plus qu’il ne peut dire.
- Les interdits : nécessaires, mais vécus comme des murs infranchissables.
- La jalousie ou l’attente : partager l’attention reste difficile à cet âge.
Comment réagir pendant une crise de colère à 2 ans
Face à une crise, beaucoup de parents se demandent : « Que faire, là, tout de suite ? » La pédagogie Montessori invite à changer de focale. L’adulte n’est ni un juge ni un sauveur, mais un co-régulateur émotionnel.
Votre calme devient un repère. Votre présence, un ancrage. C’est souvent plus efficace qu’un long discours.
Ce que l’adulte peut faire pour apaiser
D’abord, assurez la sécurité physique. Éloignez si besoin les objets dangereux, puis rapprochez-vous doucement. Parfois, s’agenouiller à hauteur d’enfant suffit à désamorcer une partie de la tension.
Ensuite, mettez des mots simples sur ce que vous observez. Verbaliser les émotions aide l’enfant à se sentir compris : « Tu es très en colère. C’est difficile quand ça ne marche pas. » Même s’il ne répond pas, il enregistre.
Certains enfants ont besoin de silence. Rester présent sans parler, respirer lentement, montrer par le corps que la tempête peut retomber. D’autres s’apaisent avec une voix douce. Observez. Ajustez.
Les crises liées au coucher ou au sommeil sont fréquentes à cet âge. Vous trouverez d’ailleurs des pistes spécifiques dans cet article sur la gestion des crises au moment du coucher chez l’enfant de 2 ans.
Les réactions à éviter absolument
- Crier : cela nourrit la surcharge émotionnelle.
- Punir : l’enfant est déjà submergé, il n’apprend rien à ce moment-là.
- Minimiser l’émotion (« ce n’est rien ») : pour lui, c’est énorme.
- Céder par épuisement : le message devient confus et insécurisant.
Prévenir la frustration au quotidien avec l’approche Montessori
La pédagogie Montessori ne se limite pas à réagir aux crises. Elle agit surtout en amont. En préparant l’environnement et les situations du quotidien, vous réduisez considérablement les occasions de frustration.
Moins d’obstacles inutiles, plus de possibilités d’agir seul : l’enfant retrouve un sentiment de contrôle sain.
Créer un environnement qui soutient l’autonomie
Un environnement préparé Montessori permet à l’enfant d’agir sans dépendre constamment de l’adulte. Un marchepied pour se laver les mains, des vêtements accessibles, des jouets peu nombreux mais bien choisis.
Les routines claires jouent aussi un rôle majeur. Lorsque les journées suivent un fil prévisible, l’enfant anticipe mieux ce qui va venir. L’imprévu devient alors moins anxiogène.
Anticiper les moments à risque
Les transitions concentrent beaucoup de tensions. Passer du jeu au repas, quitter le parc, se préparer à dormir… Prévenir verbalement, montrer avec un minuteur visuel ou proposer un choix limité (« encore une glissade ou deux, puis on y va ») change souvent la donne.
Les difficultés autour du sommeil accentuent aussi la frustration. Si votre enfant refuse de dormir seul, cet article propose des conseils pratiques inspirés de Montessori, à appliquer sans brusquerie.
Observer des situations courantes de crise à 2 ans
Voir des situations concrètes aide à mieux comprendre ce qui se joue dans l’instant. Certaines vidéos pédagogiques, comme celles diffusées dans La Maison des maternelles, permettent de décoder les comportements avec plus de recul.
Ce que la vidéo permet de comprendre
On y repère souvent les signaux précurseurs de la frustration : gestes saccadés, vocalises plus aiguës, agitation. On observe aussi l’impact direct des réactions adultes. Une posture calme et contenante apaise, là où l’agitation renforce la crise.
Ces observations rappellent une chose essentielle : accompagner une crise, ce n’est pas la faire durer, c’est offrir à l’enfant une boussole émotionnelle.
Quand faut-il consulter face aux crises de frustration ?
Dans l’immense majorité des cas, les crises de colère à 2 ans relèvent du développement normal. Elles ne nécessitent pas de suivi particulier si l’enfant évolue, joue, communique et progresse à son rythme.
Cela dit, certains signaux méritent un avis extérieur, ne serait-ce que pour rassurer les parents.
Signaux qui doivent alerter les parents
Une consultation chez un pédiatre ou un professionnel de la petite enfance peut être utile si les crises sont extrêmement fréquentes, si l’enfant se met régulièrement en danger ou si une régression durable apparaît dans le langage ou les interactions.
Demander de l’aide n’est jamais un échec éducatif. C’est souvent le signe d’une attention fine portée au bien-être de son enfant… et au vôtre.
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Accompagner la frustration avec confiance
La frustration à 2 ans n’est ni un dérèglement ni un échec éducatif. Elle marque une étape de construction, où l’élan d’autonomie se heurte à des limites encore difficiles à accepter. Votre rôle n’est pas de supprimer l’émotion, mais d’offrir un cadre stable et sécurisant pour la traverser.
En restant calme, en mettant des mots simples sur ce que vit votre enfant et en protégeant la sécurité, vous devenez un co‑régulateur émotionnel. Cette présence répétée aide le cerveau immature à apprendre, pas à pas, à se réguler.
L’approche Montessori rappelle l’importance de l’anticipation et de l’environnement préparé : moins d’obstacles inutiles, plus d’autonomie réelle, des routines lisibles. Chaque ajustement réduit la fréquence et l’intensité des crises, sans renoncer aux limites.
Faites-vous confiance. Chaque enfant avance à son rythme, et chaque crise accompagnée avec respect renforce le lien et prépare l’équilibre émotionnel de demain.


